RENFORCER LA CAPACITÉ DES JEUNES
Imaginez-vous une région où deux millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer et de vivre dans des camps pour personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), une région dans laquelle les combats ont fait au moins 300 000 morts et où la vie de 1,4 million d’enfants a été brutalement perturbée par le conflit. Raine Maida a été témoin de cette situation au Darfour (Soudan) il y a deux ans et celle-ci se poursuit à ce jour. À l’époque où Raine visitait la région, le conflit était décrit par les Nations Unies comme l’une des pires crises humanitaires dans le monde. La sécurité dans les camps de PDIP était horrible, l’abus des droits de la personne et le manque d’eau et de nourriture étant répandus. La situation est particulièrement dangereuse pour les jeunes qui sont davantage vulnérables aux agressions sexuels, au recrutement militaire et à l’absence d’éducation ou de formation professionnelle.
Selon Raine, « les enfants vivent dans la peur 24 heures par jour… les jeunes ont vu leur mère violée et leur père, qui sait, probablement tué systématiquement, leur village ravagé par le feu. Toute source de revenu qu’ils avaient, que ce soit des moutons ou des chèvres, était disparue. Ils sont au milieu du désert sans rien. »
La communauté humanitaire s’est mobilisée pour fournir de la nourriture, de l’eau, des abris et des soins médicaux aux PDIP, mais il existait peu de programmes axés sur le développement de la capacité des jeunes et des enfants dans les camps. Il est impératif de ne pas cesser d’offrir à ces enfants de la nourriture et des soins, même après qu’ils ont accès aux besoins essentiels.
Les enfants et les jeunes dans de telles situations de vulnérabilité ont besoin de pouvoir vivre leur enfance, d’avoir un endroit sûr où jouer, de sourire et d’apprendre. Sa visite au Darfour a particulièrement éveillé cette réalité chez Raine et il insiste pour dire, « lorsque la malnutrition aura diminué et que ces enfants auront un endroit où dormir, nous pourrons commencer à redonner à ces enfants leur enfance et c’est incroyablement important et une cause humanitaire plutôt nouvelle… les choses les plus simples, comme sauter à la corde et jouer au soccer, n’importe quoi qui les fait sourire ».
Pour les enfants qui ont perdu leur famille, la possibilité d’obtenir une éducation, d’avoir des amis, ainsi que la stabilité et la routine du quotidien et une formation professionnelle leur offrent un nouvel espoir et un sentiment de contrôle de leur vie que le conflit menaçait de leur dérober. Les compétences qu’ils acquièrent par l’entremise des programmes de soutien psychosocial et de formation professionnelle donnent la possibilité aux jeunes des PDIP de gagner leur vie à l’intérieur des camps et dans leur village lors de leur retour éventuel.
Le processus de récupération du contrôle de leur vie et de la confiance en soi dans un environnement interactif permet également d’établir des relations durables et des communautés de soutien entre les enfants et les jeunes qui ont besoin de s’encourager et de se comprendre les uns les autres. Plus important encore, ces programmes offrent aux jeunes un bref répit de la peur qui a dominé leur vie toute récente. Et durant cette courte pause, ils peuvent sourire, rire et retrouver leur enfance.
