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LE COLTAN
Des téléphones cellulaires ou la guerre civile – choisis !

La présente guerre dans la République démocratique du Congo (RDC) est incroyablement dévastatrice pour son peuple. Avec environ 73 000 personnes mourant chaque mois, le taux de mortalité s’approche rapidement de quatre millions en trois ans de guerre… Les femmes et les enfants représentent environ 40 % des victimes de la guerre. À Mobia et Kalemie au Katanga, 75 pour cent des enfants nés pendant la guerre sont morts ou mourront avant leur deuxième anniversaire. - Dena Montague

Le coltan – ou la colombo-tantalite - est un minerai métallique terne qui, une fois raffiné, devient du tantale, une poudre métallique résistant à la chaleur qui peut porter une forte charge électrique. Le coltan qu’on trouve dans de la terre vieille de trois milliards d’année est très répandu en Australie, au Brésil et dans la République démocratique du Congo.

Le coltan est « essentiel » à la vie moderne. Il est une composante clé du matériel de haute technologie, allant des téléphones cellulaires, téléavertisseurs, ordinateurs, magnétoscopes à cassettes, caméscopes, chaînes stéréophoniques et lecteurs de jeux vidéo aux turboréacteurs, missiles, navires et systèmes d’armement.

La demande de coltan monte en flèche au rythme de la croissance technologique. De 1990 à 1999 seulement, les ventes de tantale dans le domaine de l’électronique ont augmenté de 300 %! En 2000, environ 6,6 millions de livres de tantale ont été utilisées dans le monde, dont 60 % dans l’industrie électronique. Les États-Unis, le Japon et l’Europe de l’Ouest sont les plus grands consommateurs de tantale au monde.


Étude de cas : la République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo possède 64 % des gisements mondiaux de coltan et la plus large réserve mondiale. La demande de coltan et ses produits dérivés a créé des débouchés commerciaux lucratifs pour les mouvements rebelles du Congo, à savoir les Forces de Défense du Peuple Ougandais (FDPU), l’armée patriotique rwandaise, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et le Mouvement national de libération du Congo (MLC).

Alors que le travailleur moyen congolais gagne 10 $ par mois, le mineur de coltan moyen gagne de 10 $ à 50 $ par semaine. Le coltan a également permis aux rebelles de l’Ouganda et du Rwanda de gagner plusieurs millions de dollars en ventes avec lesquels ils financent et attisent leurs efforts de guerre au Congo. Il s’ensuit que le Rwanda et l’Ouganda sont devenus des exportateurs importants de matières premières qu’ils ne possèdent pas du tout ou dont ils n’ont que des quantités limitées. De la fin de 1999 à la fin de 2000, l’armée rwandaise à elle seule a gagné au moins 20 millions de dollars par mois grâce au coltan.

Les troupes – motivées principalement par des stimulants économiques plutôt que par des idéaux politiques – ont attaqué les villages et anéanti des communautés entières afin de gagner et maintenir le contrôle des régions riches en coltan. Elles ont également exploité la pauvre conjoncture économique en employant des travailleurs juvéniles pour en arriver à répondre à la demande de coltan et pour garder les coûts de production bas. De plus, la RDC renferme plus de 50 % des forêts d’Afrique. Pour extraire le coltan, les rebelles ont décimé de vastes zones de forêts luxuriantes, détruit l’habitat du gorille de montagne et réduit de presque la moitié la population de gorilles de la RDC.

Un grand nombre d’entreprises internationales ont importé du coltan de la RDC via le Rwanda pour utilisation en Asie, en Europe et aux États-Unis. Comme tant d’autres ressources, une fois que le coltan atteint les marchés internationaux, il est impossible de retracer son histoire jusqu’aux mines d’où il provient.
Au moins deux entreprises de fabrication de tantale, Kemet et Cabot Corporation, ont demandé à leurs fournisseurs de certifier que leur tantale ne provient pas de l’est de la République démocratique du Congo. Toutefois, le coltan, contrairement aux diamants, ne comporte aucun système de certification que ce soit.


Liens pour en savoir plus

1. Amnesty International : Chapitre VI. Coltan : la récolte des bénéfices. Dossiers sur l'exploitation économique et les atteintes aux droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo. Londres, avril 2003 
http://web.amnesty.org/library/Index/FRAAFR620102003?open&of=FRA-UGA

2. La route commerciale du coltan congolais : une étude, par Patrick Martineau. Institut d’études internationales de Montréal.
http://www.unites.uqam.ca/grama/pdf/Martineau_coltan.pdf

3. République Démocratique du Congo: les téléphones portables, la destruction des forêts… et la mort (dernier article). Bulletin du World Rainforest Movement. Numéro 69, avril 2003 :
http://www.wrm.org.uy/bulletinfr/69/AF.html

4. Tantalum-Niobium International Study Center. Audition de M. F. Reyntjens (UA) et Mme Wickens devant le Sénat de Belgique, le 30 novembre 2001: 
http://www.senate.be/crv/GR/gr-01.html

5. Stolen Goods: Coltan and Conflict in the Democratic Republic of Congo: 
http://www.worldpolicy.org/projects/arms/news/22.1montague.pdf

6. Coltan Mining in the DRC: 
www.gesi.org/docs/FFI%20Coltan%20report.pdf

7. Guns, Money and Cell Phones:
www.globalissues.org/Geopolitics/ Africa/Articles/TheStandardColtan.asp

8. Tantalum-Niobium International Study Centre
www.tanb.org/index.html

Regardez des séquences vidéos de Rocked: Sum 41 au Congo.

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