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LE CANADA REDÉFINIT LA SÉCURITÉ

La sécurité humaine est une approche à la politique étrangère axée sur les personnes qui reconnaît qu’une stabilité durable ne peut se réaliser tant que les personnes ne sont pas protégées des menaces violentes contre leurs droits, leur sécurité ou leur vie. - Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international


Points de vue traditionnels sur la sécurité

Les points de vue sur la sécurité ont été axés traditionnellement sur la sécurité des États que les gouvernements assurent par des moyens militaires. À l’ère de l’après-guerre froide, la montée des conflits ethniques et civils et les menaces transnationales, tels que le trafic des drogues, la détérioration de l’environnement et le terrorisme, illustrent la nature arbitraire et inefficace de cette définition. De plus, l’incapacité de certains États de protéger leurs citoyens, soit par manque de volonté ou par manque de ressources, a entraîné un débat concernant la relation entre la sécurité et la souveraineté. Il est devenu évident que dans un système international de plus en plus interdépendant, où les menaces changent constamment, il faut que les moyens de concevoir et d’atteindre la sécurité changent également. La redéfinition de la sécurité du gouvernement canadien se fonde sur deux concepts interdépendants : la sécurité des personnes et la responsabilité de les protéger.


1. La sécurité humaine

En réponse au changement des conditions dans le monde de l’après-guerre froide, le gouvernement canadien a adopté une politique sur la sécurité plus large et plus inclusive. Plutôt que de mettre l’accent uniquement sur la souveraineté des États, le nouveau concept de la sécurité devait inclure les personnes vivant dans ces États. Le point de vue traditionnel voulant que la force militaire soit au centre des préoccupations sur la sécurité a dû être élargi pour inclure également les personnes comme ayant droit à la protection, ce comporte : 

  • La protection des droits de la personne, 
  • L’accès à l’éducation et aux soins de santé, 
  • La liberté politique et civile, et 
  • La protection de l’environnement.


Cette redéfinition de la sécurité en est donc venue à incorporer le concept de la sécurité des personnes qui avait été ignoré auparavant.

Ce point de vue reconnaît que dans un monde de plus en plus interconnecté et interdépendant, les menaces à la sécurité ne se limitent plus à un État ou à une région et ne peuvent y être confinées. Les menaces de terrorisme, le changement climatique et le trafic des drogues n’ont pas de frontière. De plus, les conflits dans une région déstabilisée ont inévitablement des conséquences économiques, politiques et sociales sur les États et les sociétés partout dans le monde. La sécurité humaine telle que définie par le gouvernement canadien est une approche à la politique étrangère axée sur les personnes qui établit qu’une stabilité durable ne peut se réaliser tant que les personnes ne sont pas protégées des menaces violentes contre leurs droits, leur sécurité ou leur vie. Par l’entremise d’organismes comme le Programme de sécurité humaine du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, le gouvernement canadien tente d’encourager la protection des civils, les opérations de soutien de la paix, la prévention des conflits, la gouvernance et la responsabilisation, et la sécurité publique dans le monde entier.


2. La responsabilité de protéger

Au milieu des années 1990, la communauté internationale n’est pas intervenue alors que des centaines de milliers de personnes étaient assassinées lors du génocide au Rwanda, et elle a mis beaucoup de temps à réagir au nettoyage ethnique et au conflit civil dans les Balkans. À la suite de ces tragédies, les gouvernements nationaux sont devenus de plus en plus conscients de leur capacité et, certains diraient, de leur responsabilité d’intervenir pour protéger les civils dans les pays où les dirigeants n’assurent plus cette protection. Au cœur de ce débat se trouve la question d’établir quand (ou si) il est approprié pour la communauté internationale de porter atteinte à la souveraineté d’un de ses membres afin de protéger des civils en danger. En réponse à ces défis et à ces controverses, le gouvernement canadien a établi la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États (CIISE) en 2000. La CIISE a publié un rapport intitulé « La responsabilité de protéger », qui préconise une approche en trois volets à la protection de la sécurité humaine au-delà des frontières de l’État : 

  1. La responsabilité de prévenir : régler à la fois les causes profondes et immédiates des conflits internes et d’autres crises causées par l’homme qui mettent les populations en danger. 
  2. La responsabilité de réagir : réagir devant des situations où la protection d'êtres humains est une impérieuse nécessité, en adoptant les mesures appropriées pouvant inclure des mesures de coercition d'ordre judiciaire, entre autres, et, dans les cas extrêmes, une intervention militaire. 
  3. La responsabilité de reconstruire : fournir, particulièrement après une intervention militaire, une aide complète au rétablissement, à la reconstruction et à la réconciliation en abordant les causes du mal qui ont suscité l'intervention visant à y mettre fin ou a le prévenir.


Voici certains des défis associés à l’intervention externe dans des conflits nationaux : 

  • Premièrement, elle soulève des questions de légitimité et d’autorité : qui devrait sanctionner l’intervention? Et qui devrait mettre en oeuvre les mesures? 
  • Deuxièmement, l’intervention ne doit pas comporter de conséquences imprévues ou contribuer à l’escalade du conflit. 
  • Troisièmement, la mise en oeuvre de réponses cohérentes à des conflits nationaux nécessitant une intervention représente des défis colossaux dans un contexte international politiquement volatile. 
  • Quatrièmement, l’engagement à reconstruire les communautés à la suite d’une intervention soulève également des questions concernant la façon de déterminer à qui revient la responsabilité et l’autorité d’agir.


La capacité des communautés locales et des acteurs sur la scène internationale de gérer un conflit violent de façon pacifique et d’assurer la sécurité des personnes exige des actes politiques significatifs et l’accès à une vaste gamme d’outils de prévention des conflits pour les décideurs et d’autres intervenants. Même si les gouvernements nationaux sont principalement responsables de la prévention de conflits violents, plusieurs autres intervenants ont un rôle important à jouer, particulièrement la société civile, le secteur privé et les institutions internationales.


Liens pour en savoir plus

1. Site Web du gouvernement du Canada sur la sécurité humaine
http://www.humansecurity.gc.ca/

2. Portail sur la sécurité humaine
http://www.humansecuritygateway.info/index_html

3. La responsabilité de protéger : Rapport de la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États
http://www.iciss.ca/pdf/Rapport-de-la-Commission.pdf

4. Ministère des Affaires étrangères du Canada : La responsabilité de protéger 
http://www.dfait-maeci.gc.ca/foreign_policy/responsibility_protect-fr.asp



 

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