Parmi les réfugiés afghans, les complications dues à la grossesse et à l’accouchement sont la principale cause de décès chez les femmes.
Les hommes et les femmes souffrent en temps de guerre, mais certains des impacts d’un conflit sont propres à chaque sexe – c’est-à-dire qu’ils sont plus grands sur les femmes que sur les hommes ou vice versa. Alors que les hommes souffriront davantage des conséquences sur la santé de la violence directe du combat, les femmes et les filles endureront les effets de l’escalade de la violence sexuelle, de la faim et de l’exploitation dans des camps de réfugiés, des taux élevés d’infection au VIH et de SIDA, et un accès limité aux services de santé.
- 50% des réfugiés sont des femmes et des filles.
Un des plus importants domaines des soins de santé négligé durant un conflit est la santé génésique. Il s’agit de services comme l’accès aux condoms, le traitement des maladies transmises sexuellement et les complications gynécologiques, les soins prénatals et postnatals, l’aide à l’accouchement et les soins obstétriques d’urgence. Même les fournitures les plus essentielles pour un accouchement sain ne sont pas disponibles en temps de conflit et il peut s’agir d’une sentence de mort pour les femmes qui doivent accoucher dans des conditions insalubres. L’absence de services de santé génésique est particulièrement dangereuse dans les situations de crise parce que c’est à ce moment précis que les taux d’accouchement prématuré, de fausses couches dues à un traumatisme et d’avortements dangereux résultant d’une grossesse non voulue tendent à augmenter.
- Le taux de mortalité élevé lors des accouchements en République démocratique du Congo – 2 000 morts pour 100 000 naissances – révèle l’impact d’un conflit armé.· Les complications à la suite d’un avortement comptent pour 25 % à 50 % des morts chez les mères réfugiées.
Étude de cas : L’Iraq
L’Iraq a connu plus d’une décennie de conflit, commençant par la guerre du Golfe en 1991, et se poursuivant avec la guerre actuelle menée par les États-Unis qui a commencé en 2003. Les effets de la guerre et des sanctions internationales sur le système de santé du pays ont été particulièrement néfastes sur les services de santé des femmes, surtout la santé génésique. Il y a une augmentation marquée du taux de mortalité maternelle, puisque les femmes enceintes ne reçoivent pas l’aide d’urgence pour les complications lors de l’accouchement.
- Les taux de mortalité pendant la grossesse ont triplé depuis les années 1980, passant de 117 morts par 100 000 naissances à 370.
Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), les femmes irakiennes déplacées font face à un risque accru de fausse couche, d’accouchement prématuré, et de complications au cours de la grossesse et lors de l’accouchement. Cette situation est exacerbée par le manque d’accès aux soins de santé génésique.
- En avril 2003, une maternité de la ville de Kirkuk ne fonctionnait qu’à 25 % de sa capacité normale.
- À la suite des efforts du FNUAP, le nombre d’installations offrant des services génésiques est passé de 37 en 1995 à 146 en 2001.
Liens pour en savoir plus
1. ICRC: Les femmes et la guerre et les règles du droit humanitaire :
http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/iwpList2/Focus:Women_and_war?OpenDocument
2. Human Rights Watch : Droits des femmes:
http://www.hrw.org/doc/?t=french_women
3. Women for Women International: Rape in War (site anglais)
http://www.womenforwomen.org/rarrape.html
4. Le viol de guerre : « La riposte des femmes », par Françoise Nduwimana
http://www.cjf.qc.ca/relations/archives/themes/textes/femmes/femm_nduw_9911.htm


