TRANSCRIPTION DE MUSICIENS EN ZONE DE GUERRE: TB
David D’après ce qu’on peut voir, on est en Thaïlande. On est en fait à Mae Sot qui est un village thaïlandais à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. On tourne ici parce que c’est trop dangereux de traverser la frontière pour aller parler aux gens en Birmanie. Depuis quelques décennies, il y a une dictature militaire en Birmanie et, en 1998, le mouvement démocratique des étudiants a été réprimé de force par le gouvernement birman causant un déplacement massif de gens vers la jungle, dans des camps de réfugiés et vers la Thaïlande de l’autre côté de la frontière. Alors, nous espérons obtenir un aperçu de la situation politique actuelle, parler à des gens et recueillir leurs histoires.
20:05 – 21:12
David Où as-tu grandi?
Nemin J’ai grandi dans la jungle le long de la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. Mon père était un Karen dans une armée de résistance et il se déplaçait beaucoup, mais on n’était pas en sécurité. On pouvait mourir n’importe quand à cause des batailles partout. Alors on a déménagé dans le camp de réfugiés Mokur.
David Et pourquoi avez-vous déménagé ici?
Nemin Parce qu’on ne pouvait plus rester où on était. Les troupes de soldats birmans sont venus dans nos villages et ont brûlé nos maisons. Ils ont terrifié les gens. Ils ont violé nos femmes et nos filles. Ils ont fait tout ça et tout le monde s’est écrasé. D’après moi, à moins que la dictature militaire soit remplacée par un gouvernement démocratique, il n’y a pas de solution possible.
22:15 – 22:50
Un garçon du camp de réfugiés Ma mère est venue à la frontière en premier.Je suis resté en Birmanie avec mon grand-père.Quand il est mort, je suis venu trouver ma mère.
Une fille du camp de réfugiés Mes parents sont avec moi dans le camp.Je suis née à Wangkah en Birmanie.Les soldats birmans ont attaqué notre village,et on s’est enfuis vers ce camp de réfugiés.
24:43 – 25:56
David Pourquoi ces gens sont-ils ici?
Christine, travailleuse de la santé d’une ONG Ils sont ici parce qu’ils fuient les soldats de l’armée birmane et les attaques militaires contre leurs villages. On a brûlé leurs villages et on les a mis aux travaux forcés. On les a forcés à être des porteurs. On les a soumis à de graves abus des droits de la personne et à une persécution généralisée. Ils n’avaient pas d’autre choix que de s’enfuir vers la Thaïlande.
David Comment faites-vous pour garder 15 000 personnes et qui les soutient?
Christine Elles sont soutenues par plusieurs organisations non gouvernementales étrangères qui fournissent de la nourriture, des soins médicaux et des services d’éducation. Et les réfugiés eux-mêmes se sont organisés en groupes communautaires pour offrir plusieurs systèmes de soutien social. Ces gens sont plus en sécurité ici qu’ils l’étaient avant. Ces réfugiés viennent de deux autres camps qui ont été attaqués et d’un camp qui a été brûlé à deux reprises. Alors on les a déménagés dans cette région où ils sont un peu plus en sécurité et un peu plus loin de l’armée birmane qui traverse en Thaïlande pour attaquer les camps de temps à autre. Mais ils ne sont pas complètement hors de danger et ces gens n’ont pas d’avenir.
Enfants Bonjour.
David Bonjour.
Enfants Bonjour!
26:31 – 27:00
David On vient ici pour seulement quelques jours, alors on ne fait qu’effleurer la surface pour découvrir les principaux enjeux et obtenir une vue d’ensemble. Mais ce que je sens surtout, c’est qu’il y a des choses simples qu’on peut faire ou ne pas faire dans nos vies qui font une petite différence. C’est positif ça; surtout dans un monde où c’est le groupe de musiciens le plus grand, vite, dur, fort qui se vend. Et tout le monde qui t’entoure te pousse à faire la même chose.
27:00 – 27:20
Nemin D’après mon expérience, ce que je vois, c’est l’éducation. Si les jeunes sont éduqués, nous aurons plus de pouvoir pour remplacer le gouvernement, en autant que les publics sont éduqués.
